
Comment bien entretenir sa terrasse bois ?
Mis à jour le 2 avr. 2025 à 16:36:03Découvrez nos conseils pour entretenir votre terrasse bois : nettoyage, traitement, etc.
L’usage du matériau bois pour une terrasse est tout à fait indiqué, dès lors que l’on recourt à un bois adapté à des conditions extérieures. L’espace ainsi aménagé permet un prolongement de l’intérieur du bâtiment, pour profiter d’un environnement chaleureux lorsque la météo est favorable. Afin de s’assurer de la pérennité d’un tel ouvrage, découvrons ici les conseils d’entretien à appliquer.
Rappels d’une conception efficiente
Par son emplacement soumis aux conditions climatiques, une terrasse bois est un ouvrage dont la conception doit être pleinement réfléchie, pour que sa durabilité soit assurée. En effet, sa proximité avec le sol, le risque de stagnation d’eau de pluie, ou encore la fréquentation potentiellement importante sont des éléments qui peuvent altérer la fonctionnalité de la terrasse et des lames qui la composent. Le DTU 51.4 « Platelages extérieurs bois » est un document de référence, en matière de conception de terrasse.
En premier lieu, la nature du terrain est à étudier, pour adapter la technique de pose. Parmi les contraintes à intégrer, on s’intéressera notamment à :
- la déclivité du terrain : la pente naturelle va impacter l’écoulement de l’eau de pluie, et nécessitera une conception qui permette à la terrasse d’être pleinement horizontale, à niveau ;
- la portance du terrain : cela donnera la capacité à supporter le poids de l’ouvrage et des usagers, et permettra d’affiner le mode d’ancrage dans le sol, pour une parfaite stabilité ;
- la capacité de drainage : l’infiltration de l’eau est un élément essentiel, pour savoir s’il y a un risque de stagnation d’eau dans le sol, qui pourrait altérer la structure.
En complément, le choix du bois pour la confection des lames et des lambourdes est primordial. Concernant les essences de bois (Quelle essence pour la terrasse ?), il est indispensable de recourir à des bois de classe d’emploi 4, qui sont suffisamment durables en contact avec le sol, et avec un risque d’humidification prolongée (eau de pluie stagnante). C’est pourquoi on considère qu’elles doivent supporter une humidité fréquemment supérieure à 20 %.
Ces bois peuvent avoir naturellement une classe d’emploi 4 (ex. : châtaignier), mais peuvent aussi être traités pour atteindre ce niveau. Prenons l’exemple du traitement thermique, particulièrement adapté aux lames de terrasse, qui améliore la durabilité du bois sans recourir à des produits chimiques. Le bois est ainsi chauffé dans un four, avec une atmosphère inerte, dépourvue d’oxygène, et à pression contrôlée. À plus de 200 °C en moyenne, pendant un temps donné, le bois se transforme chimiquement, pour devenir hydrophobe et donc résistant aux intempéries et aux risques de dégradation fongique.
Ce traitement reste cependant plus cher qu’un traitement chimique plus conventionnel. Pour ce dernier, le bois est placé dans un autoclave, qui permet d’imprégner le produit sur plusieurs millimètres, sur le pourtour de la lame.
En plus de la durabilité du bois, son aspect et la présence de singularités sont à prendre en compte pour limiter les déformations. Sous l’effet de l’humidité, un tuilage des lames peut s’opérer, engendrant une perte de la planéité de la terrasse. De même, de telles variations géométriques peuvent créer des zones de stagnation d’eau, accélérant le risque de dégradation. La vérification de l’aspect des lames peut se faire conformément à la norme NF B54-040, qui évoque les différents nœuds ou encore les défauts liés au rabotage des lames.
Le bois conserve ainsi son aspect au fil du temps, tout en devenant plus résistant aux conditions climatiques et aux intempéries.

© Léonard Dosda
Enfin, l’humidité est un critère qu’il faut particulièrement prendre en compte le jour de la pose. L’humidité du bois, tout d’abord, devra être aux alentours de 18 %, pour éviter de trop fortes déformations par la suite (gonflement, retrait dimensionnel, fissuration, etc.). Aussi, la météo du jour de pose est un facteur à intégrer, qui va faire varier l’espacement des lames. Un jour humide, l’espacement sera réduit, car des jours plus secs viendront naturellement agrandir cet espacement. C’est le phénomène inverse qui se produira si le jour de pose est particulièrement sec : on privilégiera alors un espacement accru, pour que les lames puissent gonfler par fortes humidités, sans risquer de rentrer en contact les unes avec les autres.
Plus d’informations : Terrasse en bois : comment bien la concevoir, pour en profiter durablement ?
Dès le moment où la terrasse est posée, un ponçage du platelage est à envisager, pour s’assurer qu’il y aura un état de surface lisse, sans risque d’échardes.
À partir de là, un entretien est à envisager pour pouvoir profiter pleinement de sa terrasse bois sur le long terme.
Quelques conseils pour un bon entretien d’une terrasse bois
L’entretien d’une terrasse bois a plusieurs fonctions, qui visent toutes à conserver le plus longtemps possible les propriétés initiales de la terrasse. Cela concerne non seulement l’aspect esthétique, mais aussi la propreté et les caractéristiques structurelles, pour éviter que la terrasse ne devienne impraticable. Pour maintenir une terrasse fonctionnelle, sachant qu’elle se doit d’être garantie au moins 10 ans, on préconise un entretien une fois par an.
D’un point de vue esthétique, tous les bois exposés en extérieur vont naturellement adopter une teinte gris argenté, selon le matériau utilisé. La couleur et son évolution dépendent aussi de l’exposition de la terrasse vis-à-vis de la course du soleil, si elle est partiellement protégée, etc.
Cette patine naturelle, si elle est acceptée, ne nécessite pas de traitement obligatoire.
Toutefois, si on ne souhaite pas que la couleur de la terrasse change au cours du temps, une protection du bois (Bois : Quelles solutions de protection et de traitement écologique ?), et notamment un traitement de finition, est à envisager sur la surface.
À ce sujet, on évitera les lasures qui vont vite se dégrader sur des éléments posés horizontalement, les lasures étant plus adaptées sur des lames de bardage, par exemple. Cependant, on privilégiera l’huile de lin ou des cires, qui vont remplir la même fonction.
L’huile de lin va imprégner les pores du bois, pour rendre le matériau insensible à l’eau. Elle aura aussi une incidence sur l’impact des rayons U.V.
La cire, comme la cire d’abeille ou la cire végétale, est à appliquer environ 2 fois par an, afin d’éviter les salissures.

© Mialon Charpente
Par ailleurs, si le bois devient gris et que l’on souhaite malgré tout retrouver sa teinte originale, des traitements « curatifs » existent. Un nettoyage à l’eau, sans forte pression, peut déjà permettre de se rapprocher du ton initial. En complément, on peut appliquer régulièrement ce qu’on appelle un « dégriseur », au pinceau ou au rouleau. Le bois retrouvera sa couleur d’origine. Une fois l’effet obtenu, un rinçage à l’eau est nécessaire, avant d’appliquer un saturateur, pour conserver cette couleur durablement. Les fibres du bois vont alors absorber ce produit, pour un rendu pérenne.
Pour trouver des produits adaptés, et respectueux de la santé et de l’environnement, on peut se référer au label CTB P+.
En ce qui concerne la fonctionnalité de la terrasse, il est d’abord important de procéder à un nettoyage régulier pour éviter tout risque de glissade. Bien que ce phénomène ne soit pas plus fréquent sur le bois que sur d’autres matériaux, il est possible d’appliquer une résine antidérapante dans l’épaisseur des lames de bois avant leur installation pour prévenir ce risque. De même, il est possible de visser des profilés en aluminium, avec un revêtement antidérapant minéral, sur les lames déjà posées.

© Mialon Charpente
Bien que le bois ne soit pas particulièrement glissant, il y a tout de même une incidence de l’humidité du bois. Sur une terrasse humide, le risque de glisser sera plus accru que sur une terrasse sèche.
En complément, ce sont surtout les éléments qui vont s’incruster sur la terrasse qui vont la rendre glissante. En effet, avec le temps, des mousses et des saletés peuvent se déposer. C’est pourquoi un brossage mécanique régulier est à appliquer, pour supprimer ces saletés, et maintenir des lames pleinement fonctionnelles. Un produit anti-mousse ou à base d’eau de Javel fera parfaitement l’affaire.
Attention toutefois à ne jamais utiliser de jet d’eau haute pression sur le platelage : cela risquerait d’altérer le bois en profondeur, en modifiant son aspect et sa résistance structurelle sur le long terme. La surface deviendrait aussi plus pelucheuse.
L’apparition de mousses et le risque de glissade sont particulièrement fréquents sur les lames rainurées, car ces rainures offrent un terrain idéal pour l’accumulation d’humidité et de débris, ce qui les rend moins esthétiques au fil du temps. Les rainures ne sont pas souhaitables sur de telles lames, car de tels profilés fragilisent la surface des lames, risquant de faire apparaître des échardes au moindre choc (ex. : talons).
À l’aide d’un entretien annuel, axé sur des principes de bon sens, il est donc possible de maintenir une terrasse fonctionnelle et esthétique pendant bien des années. S’appuyant sur une conception maîtrisée et adaptée au terrain, l’emploi du bois est donc tout à fait justifié et pérenne, pour cet ouvrage extérieur qui est un lieu de vie à part entière.
Aller plus loin :[Inspiration] 6 belles terrasses en bois
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